Abeilles Apis mellifera carnica à l'entrée d'une ruche
Ouvrières à l'entrée d'une ruche. © Richard Bartz (Makro Freak) / CC BY-SA 2.5

Les deux grandes familles de ruches utilisées en France

En France métropolitaine, deux formats dominent la pratique apicole professionnelle et amateur : la ruche Dadant et la ruche Langstroth. La Dadant utilise des cadres plus grands (hauteur 286 mm pour le corps), ce qui convient aux colonies peuplées des régions à longue saison mellifère. La Langstroth, légèrement plus petite, facilite la manipulation lors des visites fréquentes.

Les deux modèles reposent sur le même principe : une structure modulaire permettant d'ajouter ou retirer des éléments selon l'état de la colonie.

Le plancher

Le plancher constitue la base de la ruche. Dans les installations modernes, il est le plus souvent grillagé pour faciliter la surveillance de la chute naturelle du varroa (Varroa destructor). Un plateau de comptage coulissant placé sous le grillage permet de dénombrer les acariens tombés sans intervention sur la colonie.

L'entrée de la ruche, ménagée dans le plancher ou la hausse inférieure, peut être réglée en largeur selon la saison : large en pleine miellée pour fluidifier le trafic des butineuses, réduite à l'automne pour limiter les intrusions.

Le corps de ruche

Le corps est l'élément central où la reine pond et où la colonie se développe. Il contient les cadres de couvain — cellules d'œufs, larves et nymphes — ainsi que les réserves de pollen et de miel nécessaires à l'élevage des larves.

Un corps Dadant standard accueille dix cadres. La cire gaufrée, fixée sur les cadres par fil d'acier, sert de guide de construction pour les abeilles, qui y édifient les alvéoles hexagonales.

La grille à reine

Interposée entre le corps et la hausse, la grille à reine est une plaque perforée d'espaces de 4,2 mm environ. Les ouvrières, dont l'abdomen est plus fin, peuvent la franchir librement pour monter stocker le miel en hausse. La reine, plus volumineuse, reste confinée au corps.

Son utilisation n'est pas systématique. Certains apiculteurs la retirent en dehors des périodes de grande miellée pour permettre une circulation plus naturelle au sein de la ruche.

La hausse

La hausse est ajoutée au-dessus du corps lorsque la colonie est suffisamment forte et que la miellée est en cours. Elle contient des cadres de miel — plus petits ou identiques au corps selon le modèle — que les ouvrières remplissent et operculèrent une fois le miel suffisamment déshydraté.

L'apiculteur peut empiler plusieurs hausses si la récolte le justifie, notamment lors des grandes miellées de printemps sur acacia ou sur colza dans les régions de plaine.

Le couvre-cadres et le toit

Le couvre-cadres, posé directement sur les cadres, isole thermiquement la colonie et facilite l'accès lors des visites. Il ménage parfois un espace pour placer un nourrisseur à sirop.

Le toit protège l'ensemble des intempéries. Il est le plus souvent en bois recouvert de zinc ou d'aluminium. Un toit télescopique, plus lourd, offre une meilleure protection contre les vents forts, particulièrement utile dans les ruchers exposés des garrigues méditerranéennes ou des zones côtières atlantiques.

Les cadres et la cire

Les cadres sont les éléments amovibles sur lesquels les abeilles construisent leurs rayons. Ils se composent d'un cadre en bois ou en plastique et d'une feuille de cire gaufrée. La cire d'abeille, sécrétée par les glandes cirières des ouvrières entre 35 et 40 jours, représente une dépense énergétique importante pour la colonie : il faut environ 1 kg de miel pour produire 100 g de cire.

La qualité et l'état des cadres influencent directement la santé de la colonie. Un renouvellement régulier — environ un tiers des cadres par an selon les recommandations sanitaires — limite l'accumulation de résidus et de pathogènes dans la cire.

Sources