Abeilles Apis mellifera carnica sur cadre de cire gaufrée
Ouvrières en activité sur un cadre de corps. © Richard Bartz (Makro Freak) / CC BY-SA 2.5

Printemps : reprise de l'activité (mars–avril)

En France, la reprise de ponte démarre généralement entre la fin février et le début mars selon la région. Dans le Midi, elle peut intervenir dès janvier lors des premières floraisons de cornouiller ou d'amandier. En Normandie ou en Bretagne, elle attend souvent fin mars.

La première visite de printemps consiste à vérifier que la colonie a survécu à l'hiver avec une reine pondeuse active, que les réserves de miel sont suffisantes (au minimum 5 à 6 kg) et que le couvain se développe normalement. On retire alors le couvre-cadres d'hivernage et on nettoie le plancher.

Si les réserves sont insuffisantes, un nourrissage au sirop de saccharose (proportions 1:1 en volume) ou au candi est pratiqué immédiatement pour éviter la mort par inanition.

Fin de printemps : gestion de l'essaimage (mai–juin)

L'essaimage naturel est le mécanisme de reproduction de la colonie : lorsque la population devient trop dense et que des cellules royales apparaissent, une partie des abeilles quitte la ruche avec la vieille reine pour former un nouvel essaim. Ce phénomène, spectaculaire, peut réduire significativement la production de la colonie d'origine.

Pour le prévenir ou le gérer, plusieurs techniques sont employées :

  • Agrandissement de la ruche : ajout d'une hausse dès que 7 à 8 cadres sont couverts d'abeilles.
  • Destruction des cellules royales : à pratiquer avec régularité tous les neuf jours lors des visites de mai.
  • Division artificielle : séparation de la colonie en deux unités, l'une gardant la vieille reine, l'autre élevant une nouvelle reine à partir des cellules existantes.

Été : récolte et première surveillance varroa (juin–août)

La miellée principale dépend du terroir : acacia en mai–juin dans les vallées de la Loire et du Rhône, colza en avril–mai dans les plaines céréalières, tilleul en juin–juillet dans les zones de bocage, lavande en juillet dans le Verdon et les Préalpes.

La récolte s'effectue lorsque les hausses sont operculées à plus de 80 %. Un opercule de cire blanche sur la majorité des cellules indique que le miel a atteint une humidité inférieure à 18 %, ce qui garantit une bonne conservation.

En parallèle, le suivi du varroa s'intensifie en août, après la grande miellée. Le comptage de la chute naturelle sur plateau de comptage donne une indication du niveau d'infestation. Des seuils d'alerte sont publiés par l'ITSAP, mais leur interprétation dépend aussi de la dynamique de la colonie.

Fin d'été : traitement contre le varroa (août–septembre)

Le traitement contre Varroa destructor est l'intervention sanitaire la plus critique de l'année. Il est impératif de le réaliser après la récolte et avant la formation des abeilles d'hiver (les « abeilles d'automne »), dont la longévité conditionne la survie de la colonie jusqu'au printemps.

En France, les molécules autorisées pour le traitement du varroa incluent l'acide oxalique (en solution aqueuse ou en sublimation) et l'acide formique. Les acaricides synthétiques comme l'amitraz ou le tau-fluvalinate existent sous forme de lanières, mais leur usage répété peut entraîner des résistances et des résidus dans la cire.

Aucun traitement ne doit être effectué en présence de hausse contenant du miel destiné à la consommation humaine.

Automne : nourrissage et préparation à l'hivernage (septembre–octobre)

En octobre, la colonie doit disposer de réserves suffisantes pour traverser l'hiver : entre 15 et 20 kg de miel selon la région et la taille de la colonie. Si ces réserves sont insuffisantes après la récolte et le traitement, un nourrissage au sirop concentré (2:1) est réalisé avant que les températures descendent en dessous de 14 °C, seuil en dessous duquel les abeilles n'absorbent plus le sirop de façon optimale.

Les hausses vides sont retirées. Le nourrisseur est retiré une fois le nourrissage terminé. Le plancher grillagé peut être maintenu ou recouvert selon les conditions climatiques locales.

Hiver : période de repos (novembre–février)

En hiver, les abeilles forment un cluster — une sphère serrée — autour de la reine pour maintenir une température centrale entre 20 et 35 °C selon la présence ou non de couvain. La colonie consomme ses réserves de miel et ne doit pas être dérangée inutilement.

Une visite visuelle de l'extérieur suffit par temps calme : observation de l'activité à l'entrée lors des journées douces, vérification que le toit n'a pas été emporté par le vent. L'application d'acide oxalique en solution par instillation peut être pratiquée entre novembre et janvier, lorsque la colonie est sans couvain, pour un traitement hivernal contre le varroa.

Sources